Diabète

Le diabete est une maladie chronique qui touche près de 3 millions de personnes en France (BEH n° 34-35, 2015)

Le diagnostic est réalisé par la mesure de la glycémie au laboratoire: on parle de diabète lorsque celle ci est supérieure à 1,26 g/l à jeun, ou supérieure à 2 g/l à n'importe quel moment de la journée.

On distingue plusieurs types de diabète :

Le diabète de type 1 (150 000 personnes environ) qui apparait dans l'enfance et/ou à l'adolescence et chez l'adulte jeune.  

C'est une maladie autoimmune qui aboutit à une carence absolue de sécrétion d'insuline par la glande pancréatique.

Il débute souvent brutalement par des symptômes cliniques comme la soif, des urines fréquentes, un amaigrissement, une fatigue ...

Le traitement comporte une prise en charge globale avec une éducation thérapeutique afin de permettre à la personne d'acquérir des compétences d'autosoins, d'autoadaptation et une plus grande autonomie. 

L'alimentation conseillée est une alimentation équilibrée adaptée à chacun. La technique d'insulinothérapie fonctionnelle permet d'ajuster au mieux le traitement à son mode de vie.

L'activité physique ou la pratique du sport sont recommandées avec des conseils pour adapter le traitement.

Le traitement repose sur la réalisation d'injections d'insuline par stylo à insuline selon différents types de schéma, le plus souvent le schéma dit basal bolus :  injection d'une insuline lente qui agit sur la journée et d'une insuline rapide avant chaque repas afin de normaliser les glycémies après les repas. L'insuline peut être injectée par l'intermédiaire d'une pompe externe à insuline.

L'objectif du traitement est d'obtenir un bon équilibre glycémique tout en maintenant la meilleure qualité de vie possible, d'éviter l'apparition de complications aigues (hypoglycémie, acido cétose) et/ou chroniques à long terme (atteinte des petits vaisseaux de la rétine, du rein, des nerfs ou des grosses artères du coeur ...)

L'équilibre glycémique est évalué tous les 3 mois par le dosage au laboratoire de l'hémoglobine glyquée (HbA1c), qui en général, doit être inférieure ou égale à 7%. 

Un bilan annuel comportant un dosage du bilan lipidique, de la fonction rénale (créatinine, microalbuminurie), un bilan thyroïdien (TSH) est réalisé, ainsi qu'une consultation annuelle chez l'ophtalmologiste pour la réalisation d'un fond oeil et selon l'âge, qu'une consultation cardiologique.

Le diabète de type 2 (2 900 000 personnes environ) apparait plutôt vers l'âge de 40-50 ans, dans un contexte d'antécédents familiaux de diabète, de sédentarité, de prise de poids.

Il a pour particularité d'être silencieux pendant de nombreuses années, pourvoyeur d'éventuelles complications chroniques en l'absence de prise en charge adaptée.

Le diagnostic est réalisé par la mesure de la glycémie au laboratoire.

Le traitement repose également sur une éducation thérapeutique, des règles hygiéno-diététiques avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Cette prise en charge est personnalisée selon les besoins et les capacités de chaque personne.

Les traitements médicamenteux sont divers (biguanides, sulfamides hypoglycémiants, incrétines, insuline...) et peuvent être associés au fil du temps sous réserve de leur efficacité, tolérance et en l'absence de contre indications.

Le traitement repose également sur une prise en charge globale des autres facteurs de risques associés (hypertension artérielle, surpoids, hypercholestérolémie, tabagisme ...)

Les objectifs sont d'obtenir un équilibre glycémique satisfaisant (en général, hémoglobine glyquée inférieure ou égale à 7%) afin d'éviter les complications à long terme tout en maintenant une bonne qualité de vie. Le dosage de l'hémoglobine glyquée (HbA1c) est trimestriel.

Un bilan annuel des complications (créatinine, microalbuminurie, bilan lipidique, TSH, consultation ophtalmologique et cardiologique) est réalisé.

Les diabètes secondaires 

Certains diabètes peuvent apparaître au cours de pathologies hormonales (hyperthyroïdie, syndrome de Cushing, phéochromocytome ...), de pathologies du pancréas (pancréatite calcifiante ...), après une chirurgie du pancréas, ou la prise de certains médicaments (corticoides...).

Pour plus de renseignements et d'informations pratiques (recettes, autosurveillance glycémique, insuline, vie quotidienne ...) consultez le site du Réseau Atlantique diabète http://www.atlantiquediabete.com

Diabète Gestationnel

Le diabète gestationnel 

Il concerne 2% à 6% des femmes enceintes, d'autant que l'âge maternel est supérieur à 35 ans, qu'il existe un surpoids, des ATCD familiaux de diabète ou des ATCD personnels de diabète gestationnel.

Il s'agit d'un trouble de la tolérance glucidique (élévation de la glycémie) qui survient à partir du 2ème trimestre de la grossesse. Il disparait le plus souvent après la grossesse.

La prise en charge est indispensable afin d'éviter l'apparition de complications :

- chez la maman : risque d'hypertension (prééclampsie), de césarienne, de récidive du diabète gestationnel et à long terme de diabète de type 2

- chez le foetus : risque de macrosomie (prise de poids excessive), de dystocie des épaules, de prématurité, d'hypoglycémie à la naissance.

Le diagnostic est fait par un prélèvement au laboratoire :

- soit par une glycémie à jeun, dès le 1er trimestre, lorsqu'il existe des facteurs de risque chez la maman;

- soit par une hyperglycémie orale provoquée (glycémie à jeun, 1h et 2h après la prise de 75g de glucose).

 
On parle de diabète gestationnel lorsque la glycémie à jeun est supérieure à 0,92 g/l, ou que la glycémie à 1 heure est supérieure à 1,8 g/l, ou que la glycémie à 2 heures est supérieure à 1,53 g/l.

 
La prise en charge est multiple, à la fois par le diabétologue et l'obstétricien :

- des conseils diététiques et une activité physique adaptés ;

- une surveillance glycémique par la mesure de la glycémie capillaire à l'aide d'un lecteur de glycémie. Les objectifs glycémiques sont d'obtenir des glycémies à jeun < à 95 mg/dl , et < à 120 mg/dl 2 heures pars les repas.

La prise en charge hygièno-diététique permet, le plus souvent, d'atteindre ces objectifs avec une prise de poids adaptée.

En l'absence d'atteinte des objectifs, un traitement par insuline est prescrit avec un éducation thérapeutique (technique d'injection d'insuline, adaptation des doses d'insuline ....).

Le suivi est régulier, à la fois par l'endocrinologue et le gynéco-obstétricien.


A l'accouchement, l'insuline est arrétée, lorsqu'elle a été prescrite, et une surveillance des glycémies capillaires est réalisée pendant 48 heures chez la maman et le bébé.

L'allaitement, lorsqu'il est possible, est conseillé.

Une contraception adaptée est proposée après l'accouchement.
 

 

Dans les 3 mois qui suivent l'accouchement, le suivi clinique et biologique sont nécessaires (réalisation d'une hyperglycémie orale provoquée sur 2heures) ainsi que sur le long terme (surveillance du poids, de la tension artérielle, de la glycémie à jeun).


En cas de désir d'une nouvelle grossesse, la glycémie à jeun sera réalisée dès le 1er trimestre de la grossesse et les conseils diététiques seront conseillés.



Il est important de poursuivre une bonne hygiène de vie après la grossesse  chez la maman et chez son enfant, afin de limiter le risque de complications à long terme.

Pour des renseignements sur le suivi obstétrical vous pouvez consulter: http://dr-daher-gynecologue.fr